L'épopée de l’hôtel le Relais d’Amboise
deux millénaires d'Histoire


Antiquité : Des dieux et des hommes
Juste au-dessus du Relais d’Amboise, en haut de la falaise, se déroule l’oppidum des Châtelliers, déjà habité à l’âge du Bronze. Là se situait Ambacia, la capitale des Turons, bien avant Tours ( créée par les Romains après la conquête). Centre social et économique majeur (des centaines de monnaies turones y ont été trouvées) ce lieu était extrêmement sacré pour les celtes. Les recherches archéologiques sur l’oppidum ont livré deux exceptionnelles statuettes d’« assis en tailleur », portant des torques autour du cou et à la main. L’une d’elle datant au moins du 1er siècle avant J.-C. constitue le plus ancien exemplaire de statuette en pierre en Gaule celtique et serait une des plus anciennes représentations du dieu Cernunnos. Figure première du panthéon celtique jusqu’au IIe siècle ap. J.C. il est le dieu hédoniste de l’abondance, des animaux, du cycle des saisons, de la Nature mais aussi le dieu du monde souterrain. Par coïncidence, le surnom « Dis Pater » que lui avaient donné les Romains est aussi celui que donnera plus de mille ans plus tard François 1er à Léonard de Vinci.
Merveilles de la Renaissance
À l’aube de la Renaissance, la formidable forteresse médiévale d’Amboise se transforme en une résidence royale sophistiquée sous les règnes des Rois de France Charles VIII et François Ier et, hormis le palais du Louvre, aucun château n’accueilli autant de rois de France. Premier des châteaux de la Loire non défensif, il a vu défiler des hommes de pouvoir, la Cour, mais aussi des artistes, ingénieurs et architectes extraordinaires mandatés par le souverains pour travailler sur des projets ambitieux. François 1er a ainsi fait venir de Milan à Amboise Léonard de Vinci en 1516 pour qu’il y travaille et y vive en paix ses dernières années au château du Clos Lucet. Le Château abrite la tombe de Léonard de Vinci selon les vœux qu’il a formulés dans son testament, dans la chapelle Saint Hubert, une merveille dont il avait fait des esquisses de son vivant.


Le Saint Homme et ses miracles
Né en 1416 en Calabre, l’italien François de Paule trouve la foi dès son adolescence priant Saint François d’Assise. Il se réfugie à 16 ans en ermite dans une caverne retranchée sur les terres de ses parents et y protège un faon des chasseurs tout en devenant leur guide spirituel. À 19 ans, il fonde l’Ordre des Minimes « les tout petits » avec pour mot d’ordre Charité. Très vite, on lui attribue des miracles et des guérisons extraordinaires. En 1483, il est envoyé par le Pape pour guérir le Roi de France Louis XI et s’arrête sur la route à l’emplacement actuel du Relais d’Amboise pour rencontrer le dauphin et futur Roi de France Charles VIII. Ce terrain et des privilèges lui seront ensuite donnés par Charles VIII qui admire le saint homme, humble et spirituel, surnommé « le Bon Homme » pour qu’il y construise à la fin du XVe siècle un nouveau couvent des Minimes.
Un Duc flamboyant au siècle des Lumières
La Maison du Duc tire son nom de Etienne François, Duc de Choiseul, (au XVIIIe) à qui la propriété a été offerte par le roi Louis XV. Il se marie en 1750 avec Louise Honorine, une femme de lettres (on l’a comparée à Madame de Sévigné) avec beaucoup d’esprit, mécène dans l’âme, venue d’une famille de grands collectionneurs d’art : les Crozat. En 1761, ce ministre des Finances et des Armées, l’homme le plus important de France après le Roi, le Duc de Choiseul achète la propriété du Château de Chanteloup et le fait agrandir et embellir par son architecte, Louis-Denis Le Camus. Il réside dans cette maison pendant les travaux pharaonesques du château surnommé le « petit Versailles » dont le parc gigantesque avec des plans d’eau et des fontaines s’orne d’une Pagode immense (qui n’a rien de chinoise). Dix ans plus tard, quand Le Duc tombe en disgrâce auprès du Roi, il se réfugie à Chanteloup.

